Conjoncture
Rien ne va plus ! Les ménages suisses consomment moins….
Restructuration, licenciements, chute des achats de luxe, restrictions du niveau de vie, des loisirs, sévères coupes dans les budgets, et bien sûr diminution des factures au restaurant.
Il faut remonter, a-t-on pu lire, au plus profond de la longue récession des années 90 pour retrouver un climat plus morose.
La crise financière initiée par les prises de risques inconsidérées des instituts phares de la finance américaine n'a pas tardé à l'image du virus de la grippe « A H1N1 « à muter en se transformant pour la première en une crise économique planétaire particulièrement pernicieuse et surtout très contagieuse.
Ceci énoncé, permettez-moi à l'image du message d'introduction du libretto de fête, de ne pas verser dans le pessimisme, de rester résolument optimiste et confiant en l'avenir, de croire à un prochain redressement de l'économie mondiale ; les premiers signes prometteurs nous parviennent d'ailleurs depuis quelques semaines.
La Chine d'abord dont les résultats sont encourageants, les Etats Unis et le Japon où les choses se stabilisent, puis l'Europe et la Suisse où le message véhiculé par les médias a évolué et traduit un certain espoir et un changement d'état d'esprit.
Alors osons miser sur l'ingéniosité, le sens de l'adaptation et l'originalité et la détermination des entrepreneurs, osons croire pour notre profession et pour l'économie en général qu'un service particulièrement soigné, qu'une qualité irréprochable avec un accueil professionnalisé, seront demain encore les ingrédients incontournables de la recette du succès et de la fidélité de la clientèle.
CCNT
Comme vous le savez, la restauration et l'hôtellerie est l'une des rares branches à disposer d'une Convention collective nationale de travail, étendue par le Conseil Fédéral, qui dispose de la force obligatoire sur tout le territoire suisse.
Le 18 juin prochain, les délégués Gastrosuisse seront appelés à se prononcer sur une toute nouvelle rédaction de cette convention qui régira les rapports de travail de la branche du 1 er janvier 2010 au 31 décembre 2012.
Cette nouvelle version négociée entre partenaires sociaux devrait mieux correspondre aux exigences du marché en particulier :
En améliorant l'attractivité de la branche
En fidélisant les jeunes professionnels formés
En renforçant notre image d'employeurs modernes
En facilitant la formation continue de nos forces vives
Nous souhaitons aussi bien sûr tendre à pouvoir améliorer la marge brute de nos entreprises. La restauration reste une branche à faible valeur ajoutée.
La liste n'est pas exhaustive, mais ce sont là les principaux objectifs visés par le texte conventionnel sur lequel les délégués de tous les partenaires sociaux seront appelés à se prononcer.
Le document proposé est définitif, il ne pourra pas être amendé. Il sera accepté ou refusé dans sa globalité.
Les 220 délégués de Gastrosuisse seront appelés à se prononcer en assemblée extraordinaire le 18 juin à Fribourg.
Cette nouvelle convention introduirait :
Une grille de salaires avec prise en compte et financement de la formation continue
5 semaines de vacances payées
Un 13 ème salaire en plein après réussite du temps d'essai
Des adaptations pour les entreprises saisonnières
Des facilités et une souplesse salariale bienvenue en matière de compensation d'heures supplémentaires.
Pour tenir compte des conséquences de la crise sur la marche des affaires des cafés, restaurants et hôtels, et des réticences ressenties, des négociations complémentaires ont eu lieu avec les syndicats et ont abouti à fin avril.
Elles ont débouché d'un commun accord, sur le report de l'entrée en vigueur de la grille des nouveaux salaires et du droit au 13 ème salaire en plein, au 1 er janvier 2012.
Dès lors, les salaires et le 13 ème progressif en usage en 2009 resteront en vigueur en 2010 et 2011. Une clause « coût de la vie » sera toutefois préservée.
Rappelons que cette convention nationale régit les rapports de travail de 235'000 employés qui travaillent dans les 28'000 établissements et qui offrent quelques 9'000 places d'apprentissage.
Dès lors, nous pouvons considérer que le résultat obtenu est satisfaisant et qu'il s'agit malgré la crise d'une bonne solution pour l'avenir. Le Conseil et la commission du droit du travail de Gastrosuisse, recommandent l'acceptation de ce projet contractuel.
Plan b) La majorité des délégués vaudois soutiendront ce document progressiste et porteur d'espoir pour l'avenir.
Mesures de reconversion professionnelle
La Pinte Vaudoise à Pully
Restaurant d'application ETS destiné à tester et si nécessaire, à compléter les compétences professionnelles des chômeurs issus de notre secteur économique, puis à faciliter voire à favoriser leur réinsertion professionnelle.
Nanti de cette mission à mi-novembre 2006 par Mme la Conseillère d'Etat Jacqueline Maurer-Mayor, nous avons créé dans ce but une association autonome et distincte de Gastrovaud, puis le restaurant a été ouvert au public le 2 mai 2007.
Placé sous la direction de M. José Bory, formateur d'adultes, nous en assumons la responsabilité sous la haute surveillance du Service de l'emploi et du Seco.
Les personnes qui nous sont confiées par les ORP régionaux, sont auditionnées puis effectuent lorsqu'elles sont retenues, un stage de 3 mois qui peut être porté à 6 dans certains cas précis.
Répartis en trois secteurs, la cuisine principalement, puis le service ainsi que la lingerie et l'intendance, les assurés bénéficient d'un encadrement professionnel.
Chaque midi, ce ne sont pas moins de 300 repas qui sont préparés à la cuisine de la pinte, puis en partie livrés sous le label fourchette verte sur les trois des sites de la petite enfance de Pully, permettant ainsi aux assurés d'être placés en situation réelle.
Le restaurant public « La Pinte Vaudoise » est ouvert à midi. Il rencontre un beau succès et affiche complet plusieurs services par semaine. Des banquets le soir et le samedi sont également servis.
Après 2 années d'exploitation, nous sommes en mesure de vous témoigner notre satisfaction face à ce qu'il convient bien d'appeler un franc succès !
Quelques chiffres parlants :
Sur les 260 assurés auditionnés et convoqués à suivre la mesure
71 personnes ont retrouvé un travail entre leur convocation et l'entrée dans la mesure
60 personnes l'ont quittée à l'échéance ou en cours de mesure, un contrat de travail signé en poche.
68 sont arrivées au terme sans avoir été réengagées
30 ont abandonné en cours de programme.
Nous déplorons également quelques arrêts pour cause de maladie ou de mesure inadaptée.
Toutefois, vous l'avez certainement relevé, ce ne sont pas moins de 131 personnes sur les 260 qui ont été auditionnées qui ont retrouvé un emploi stable par ce créneau, ce qui nous réjouit bien sûr et récompense la qualité professionnelle et l'engagement personnel de l'encadrement.
Consommation d'alcool par les jeunes
La consommation excessive d'alcool par les jeunes est un problème bien réel et nous en sommes conscients.
Plusieurs interventions parlementaires ont été déposées sur ce sujet.
Une des causes que nous avons maintes fois dénoncée et l'abaissement massif de la taxe fédérale sur l'alcool fort importé intervenu il y a quelques années.
Pour preuve, relevé par l'HEBDO, dans son édition du 28 août dernier, cette décision a eu pour principale conséquence de placer le prix d'une bouteille de Vodka à moins de fr. 10.— la bouteille en grande surface, soit un prix moins élevé qu'une bouteille de vin blanc vaudois….Cherchez l'erreur !
L'alcool fort n'est pas consommé par les jeunes dans les établissements, et ceci pour des raisons évidentes de prix, à fr. 10.— ou fr. 15.— les 20 cl dans un club, mais bien dans la rue en grande quantité avant de se rendre dans les lieux branchés pour poursuivre la soirée.
Le canton de Berne l'a bien compris, puisqu'il a judicieusement introduit dans sa législation que la vente, mais également la remise d'alcool à des enfants et des jeunes est passible de sanctions.
Je dénoncerai enfin également une certaine hypocrisie de la Confédération qui tout en luttant activement contre la consommation d'alcool par les jeunes, continue à autoriser la vente d'alcool fort dans les shops des gares jusqu'à 22 h 00 le soir, préférant ainsi encaisser par le biais de sa régie de juteuses locations, au mépris d'une surconsommation d'alcool fort facilitée pour les jeunes….
Conscient de la problématique de la surconsommation d'alcool par les jeunes et souhaitant éviter au maximum des mesures inappropriées et peu ciblées, celui qui vous parle déposera la semaine prochaine au Parlement un postulat demandant au Conseil d'Etat l'organisation d'une large réflexion ou d'une table ronde des différents départements et milieux concernés visant à rechercher ensemble une solution globale acceptable pour la prévention et la protection des jeunes.
Cette démarche de nos milieux professionnels s'inspire de l'approche similaire dans le domaine de la lutte contre la fumée passive.
Loi vaudoise sur la formation professionnelle
Sujet d'actualité s'il en est, qui a occupé hier après-midi du Grand Conseil dans l'étude du projet de loi sur la formation professionnelle.
Ce projet qui, il convient de le souligner, a été préparé en étroite collaboration entre le Département de la formation, de la jeunesse et de la culture et les organisations du monde du travail est un travail de qualité.
La priorité à la formation duale a été une nouvelle fois très fortement rappelée.
Cette loi d'application de loi fédérale entrée en vigueur le 1 er janvier 2004 introduit une amélioration de la surveillance de la formation, ainsi que la création d'un fonds cantonal en faveur de la formation professionnelle alimenté par le prélèvement de 1% o de la masse salariale par tous les employeurs du canton, formateurs ou non.
Le point qui fâche : contrairement à certaines affirmations malheureuses attribuées par la presse à l'une de nos associations patronales faîtières, Gastrovaud est favorable au versement d'une indemnité professionnelle aux apprenties et apprentis déconnectée du montant de la prime d'assurance maladie et plafonnée.
Notre association, qui de manière exemplaire a une convention de portée nationale qui fixe les conditions de travail, ainsi que les salaires de nos apprenties et apprentis, n'est pas favorable à un saupoudrage généralisé de tous les salaires sachant notamment que le traitement de fr. 1'020.- offert en première année est tout simplement le plus élevé des 194 professions répertoriées sur les normes indicatives de l'Etat.
Les débats au Grand Conseil sur cette loi devraient s'achever la semaine prochaine.
Interdiction de fumer dans les lieux publics
S'il est un sujet très sensible dans notre profession, c'est bien celui de l'entrée en vigueur et de l'application de la nouvelle loi qui doit permettre de lutter contre la fumée passive.
L'influence et les velléités des milieux intégristes et hygiénistes nous font craindre de nouveaux rebondissements. C'est en mai 2005 que s'est ouvert ce combat politique avec le dépôt de l'initiative du Dr Gutzwiler au Conseil National.
Je vous fais grâce de la liste des interventions parlementaires si nombreuses et des rebondissements enregistrés tant au niveau national que dans les différents cantons.
Sur le plan vaudois, le 12 mars 2008, en réponse au postulat de votre serviteur et suite à la table ronde tenue sur le sujet, le Conseil d'Etat a accepté un EMPL et projet de décret avec un contreprojet en vue de la votation sur l'initiative fumée passive et santé.
Le 9 septembre, le Grand Conseil examinant au cours de débats animés le projet d'EMPD en deuxième lecture, a recommandé au peuple le double oui et à donné sa préférence au contreprojet.
Le 4 octobre, enfin, après un ping-pong entre la chambre du peuple et la chambre des cantons, la loi fédérale est finalement acceptée.
Elle dispense notamment les petits établissements de moins de 80 m2 de l'interdiction de fumer, mais permet aux cantons d'être plus restrictifs.
Gastrovaud, qui d'emblée a soutenu activement le contreprojet du Parlement vaudois -- une solution pragmatique de bon sens -- s'est engagée massivement dans la campagne précédant la votation populaire notamment par la diffusion de plus de 70 encarts dans la presse, afin de répondre aux déclarations erronées des milieux qui soutenaient l'initiative populaire.
Nous tenons ici, une fois encore, à remercier nos partenaires vignerons, personnalités politiques, associations professionnelles et en particulier Gastrosuisse, qui nous ont soutenus tangiblement dans ce combat.
Le 30 novembre, les vaudoises et les vaudois ont accepté en votation populaire par deux fois le contreprojet du Parlement qui l'a emporté par 69,42 % contre 68,21 % à l'initiative intégriste.
Après une large consultation des milieux concernés, le Conseil d'Etat a adopté un projet de loi sur la fumée le 6 avril, une commission parlementaire à siégé le 11 mai, et une groupe de travail auquel nous sommes associés a planché sur un projet de règlement d'application.
La situation est très tendue. Les vaudoises et les vaudois ont inscrit dans la constitution la possibilité pour les établissements de créer des fumoirs fermés, bien ventilés et sans service.
Nous nous trouvons aujourd'hui face à un cahier d'exigences d'aménagements démesurées. Jugez plutôt :
Ventilation du fumoir séparée de celle de l'établissement
Puissance renforcée (exigences actuelles)
Récupération de chaleur
Interdiction d'y installer des distributeurs
Restriction sur les terrasses
etc.
Les débats au Grand Conseil s'annoncent très intenses. Toutes les options restent ouvertes, même celle qui à l'instar d'autres cantons a conduit les professionnels au lancement d'un référendum !
Le rapport de la commission parlementaire a été rendu public vendredi en fin d'après-midi sur le site de l'Etat de Vaud. Vous l'imaginez bien, la mission de votre serviteur au sein de cette commission n'a pas été aisée, ni simple et évidente.
Je suis toutefois en mesure de vous tranquilliser notamment au sujet des restrictions sur les terrasses.
Sensibles et acquis au rôle social reconnu que jouent en particulier les quelque 500 petits établissements de quartiers et de campagne de notre canton, préoccupés par les conséquences humaines et financières avérées d'exigences trop pointues et onéreuses, le Chef du département de la santé Pierre-Yves Maillard et la très grande majorité des commissaires ont très judicieusement recherché le consensus et redéfinis leurs attentes. Il n'y aura très heureusement pas de rapport de minorité en vue des débats au Grand Conseil.
Je mettrai un terme à mes propos sur ce sujet en vous disant que nous restons très confiants en vue des débats parlementaires qui sont annoncés ces toutes prochaines semaines et qui devraient permettre une probable entrée en vigueur de la loi au 1 er septembre prochain avec un délai transitoire à fin 2010 pour la mise en conformité des fumoirs.
Je ne saurai terminer mon intervention sans vous transmettre de manière générale les craintes de la branche face à la vague … que dire à la frénésie d'hygiénistes vertueux et de parlementaires en recherche de populisme qui n'ont de cesse au nom d'une vérité qu'ils se sont attribuée, d'imposer à la population des interdictions multiples conformes à leur conception dogmatique de la qualité de vie.
Que ce soit en matière de choix de denrées alimentaires, de consommation de vin, de spiritueux de boissons sucrées, d'eau en bouteille, de tabagisme ou encore de transport ou de loisirs il convient de préserver avec force et conviction la responsabilité personnelle et le pouvoir de discernement.
À tout vouloir régenter, le citoyen ne sera bientôt plus en mesure de s'assumer. Une réflexion vive et une réaction salutaire de la population s'imposent avant qu'il ne soit trop tard.
Merci de votre attention. |