ASSOCIATION VAUDOISE DES CAFETIERS, RESTAURATEURS ET HÔTELIERS

28 avril 2014

Salaire minimum = danger maximum. Le 18 mai, le NON s'impose!



La campagne sur l'initiative de l'USS demandant un salaire minimum indifférencié de 4'000.- bat son plein. Pétrie de bons sentiments, elle pénalisera à la fois les employés et les consommateurs. Gel des salaires, embauche au niveau salarial minimum, renchérissement du coût de la vie seront le prix - garanti - d'une vision qui met à mal le partenariat social et s'assied sur les principes des négociations sectorielles entre syndicats et patronat...
 

Déposée le 23 janvier 2012, l'initiative de l'Union syndicale suisse (USS) demande l'introduction d'un salaire minimum de 22 francs de l'heure dans l'ensemble des branches de l'économie suisse, soit une rémunération mensuelle de 4000 francs pour 42 heures hebdomadaires. Cette initiative constitue un risque majeur pour plusieurs branches de l'économie suisse, et en particulier pour la restauration et l'hôtellerie. Plusieurs raisons encouragent les associations patronales, dont GastroVaud, à recommander le NON à ce projet, qui met à mal le partenariat social et qui pénalisera à la fois les employés et les consommateurs suisses:


Syndicats divisés
L’idée d’un salaire minimum de 4'000.- fixé unilatéralement ne fait pas l’unanimité, même à gauche. Les syndicats Employés suisses et Hotel & Gastro Union s’y opposent ! La preuve que l’USS va trop loin et que son initiative ruinera les fondements mêmes du partenariat social.


OUI à DES salaires minimums, NON à UN salaire minimum!
En fixant unilatéralement un salaire horaire minimum, l'initiative s'assied sur l'un des piliers fondamentaux du succès suisse: le principe du partenariat social. Basé sur la volonté de négocier entre syndicats et patronat, ce partenariat a toujours été soutenu par l'hôtellerie-restauration, qui dispose de longue date d'une convention collective de travail étendue par le Conseil fédéral. Or, en imposant à toutes les branches et sans aucune négociation préalable un montant de CHF 4'000.- de salaire minimum, l'inititative remplace un modèle qui a fait ses preuves contre un nouveau modèle qui mène à l'échec, celui du SMIC français... Bref, OUI à des salaires minimaux qui tiennent compte des capacités économiques de chaque branche. Mais NON à un seul salaire  imposé à l'ensemble de l'économie.


Les branches conventionnées ne doivent pas être punies pour celles qui refusent des conventions
En 15 ans, l'hôtellerie-restauration a fait des efforts considérables en matière de salaires: le salaire minimum de la branche a ainsi passé de 2'350.- à 3'407 francs (pour une personne sans formation), soit une hausse de 45%! Pour elle, le passage à 4'000 francs n'est tout simplement pas supportable! En revanche, d'autres branches aujourd'hui non conventionnées réalisent des marges qui permettraient de proposer un vrai salaire minimum. A elles d'améliorer le sort de leurs employés, plutôt que de pénaliser l'ensemble des acteurs économiques du pays!


Le salaire horaire n'est qu'une partie de la rémunération globale
En imposant un salaire horaire de 22 francs, l'initiative fait l'impasse sur d'autres pans de la rémunération des employés. Dans la restauration par exemple, même si le salaire horaire est inférieur à 22 francs, les employés ont droit à 5 semaines de vacances, à des formations continues intégralement payées par les partenaires sociaux et à un 13e salaire dû dès le premier jour de travail. Toutes les branches économiques ne peuvent en dire autant! Une fois encore, les efforts des syndicats doivent donc porter sur les acteurs économiques qui refusent de tels avantages, et non sur l'ensemble des branches.


Les salariés seront les premières victimes de l'initiative!
Le passage à un salaire minimum de 4'000 francs obligera les employeurs à trouver des solutions visant à  compenser cette hausse importante de leurs charges. Plusieurs solutions s'offrent à eux:
- développer le temps partiel, en concentrant les heures de travail des employés sur les périodes d'activité les plus productives; depuis 1991, le nombre de temps partiels a déjà augmenté de 40% dans la restauration. Ce chiffre ne fera que s’aggraver !
- geler durablement les salaires de l'ensemble des employés, afin de financer la hausse destinée aux collaborateurs rémunérés au salaire minimum.


Par conséquent, sous prétexte d'aider 10% des salariés suisses qui disposent aujourd'hui d'un salaire inférieur à 4'000 francs, cette initiative conduira à précariser les salaires d'une majorité d'employés rémunérés en-dessus de ce seuil...


Les consommateurs feront aussi les frais du salaire minimum de CHF 4'000.-
Autre solution à disposition des entreprises pour compenser la hausse des charges salariales: la hausse des prix. Dans un pays où les prix sont déjà supérieurs à la moyenne européenne, cette initiative va à l'encontre des intérêts des consommateurs et ne pourra qu'encourager le tourisme d'achat, en particulier dans les régions frontalières.


L'exemple de l'Allemagne ou de grands discounters n'est pas pertinent!
Pour démontrer la faisabilité de leur initiative, les partisans du salaire minimum de 4'000 francs donnent régulièrement l'exemple de l'Allemagne (qui introduit aujourd'hui un salaire minimum) ou de grands discounters, qui viennent de passer le salaire minimum de leurs employés au-dessus de 4'000 francs. Ces exemples ne sont pas pertinents! Le salaire minimum prévu en Allemagne est en effet de 8.5 euros, soit largement inférieur aux 22 francs demandés par l'USS. Quant aux augmentations prévues par les discounters fraichement installés sur sol suisse, elles sont trompeuses: rares sont en effet les employés de ces groupes à travailler à temps complet. Et rares sont  ceux qui, par conséquent, bénéficient de salaires supérieurs à 4'000 francs...


Pour l'ensemble de ces raisons, l'hôtellerie-restauration recommande de voter NON à l'initiative de l'USS.


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