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Le 14.09.2026, une soixantaine de personnalitĂ©s et de restaurateurs vaudois lançaient un appel au Conseil dâEtat, afin quâil mette fin Ă ses pratiques disproportionnĂ©es dans le domaine du remboursement des aides pour cas de rigueur (CDR) versĂ©es durant le COVID Ă 3’577 entreprises. Cet appel, toujours sans rĂ©ponse du Gouvernement, a Ă©tĂ© largement repris par les mĂ©dias et par le Grand Conseil, tous bords confondus. Câest encourageant.
Pourtant, les commentaires reçus depuis lors dĂ©montrent lâexistence dâune immense confusion et dâune croyance inexacte quâil est temps de dissiper. Il en va Ă la fois de la JUSTESSE des dĂ©bats en cours et de lâHONNEUR de centaines dâentreprises, injustement dĂ©peintes comme des naĂŻves ou des tricheuses, lorsque ce nâest pas les deux.
1. LâIMMENSE CONFUSION, câest le mĂ©lange qui prĂ©vaut entre les «crĂ©dits COVID» et les indemnitĂ©s pour cas de rigueur («CDR») qui sont le cĆur-mĂȘme de lâAppel. Mis en place par la ConfĂ©dĂ©ration, les crĂ©dits COVID ont de tout temps Ă©tĂ© dĂ©finis comme des prĂȘts Ă rembourser. Cette obligation nâest pas remise en cause par la branche. En revanche, les CDR constituent un dispositif cantonal distinct, dĂ©livrant une aide Ă fonds perdus permettant aux entreprises fermĂ©es dâautoritĂ© dâhonorer leurs charges fixes (fournisseurs, bailleurs, etc.), en lâabsence de revenus.
La nuance est FONDAMENTALE: les prĂȘts devaient ĂȘtre remboursĂ©s dans leur intĂ©gralitĂ©, alors que les CDR ne devaient lâĂȘtre quâĂ titre exceptionnel.
2. La CROYANCE INEXACTE, câest celle qui voudrait que «les rĂšgles Ă©taient claires dĂšs le dĂ©part». Câest faux! Si les CDR ont Ă©tĂ© versĂ©s promptement en 2020 et 2021, les rĂšgles relatives aux modalitĂ©s de leur vĂ©rification et de leur restitution nâont Ă©tĂ© prĂ©cisĂ©es quâen⊠octobre 2022! Par la suite, de nombreux aller-retour avec le SECO, ainsi que la jurisprudence, ont apportĂ© de nouvelles exigences. Enfin, ce nâest quâaujourdâhui que le Canton rĂ©flĂ©chit Ă la procĂ©dure permettrant aux entreprises de demander au Conseil dâEtat de renoncer Ă la restitution des aides, si leur survie est en jeu. Le cadre lĂ©gal prĂ©voit cette possibilitĂ©. Mais jamais le Canton ne lâa ni formalisĂ©e, ni mentionnĂ©e dans ses dĂ©cisions…
Bref, la seule constance de ce dispositif, câest lâINACHEVĂ et la MOUVANCE! Difficile alors dâaccuser les entreprises de naĂŻvetĂ© ou de tricherie, lorsque les rĂšgles ont changĂ© en permanence.
On comprend mieux la grogne de la branche et le changement de cap attendu. Lorsquâon dĂ©nonce le fait quâune entreprise, pour une erreur comptable de CHF 5’000.-, doit rembourser sous 30 jours la totalitĂ© des indemnitĂ©s reçues «à fonds perdus», soit CHF 150’000.-, câest une certaine idĂ©e de la JUSTICE et de la PROPORTIONNALITĂ des dĂ©cisions quâon dĂ©fend. Ni plus, ni moins. Rembourser CHF 5’000 pour rĂ©parer son erreur? OK . Mais pas CHF 150’000.- !